Quelle idée folle de vouloir célébrer une pissotière ?!

 

Les pissotières comme lieu de mixité sociale, de mixité « identitaire », d’épanouissement individuel et d’expression sociale!

Au travers des photos et des témoignages filmés par Marc Martin, avec des archives vidéos et iconographiques, d’objets de curiosités, l’exposition "Opération Vespasiennes" rendra compte de la fonction unique et disparue aujourd’hui de ces lieux « publics ». Le prétexte de nécessités quotidiennes -et socialement admises (uriner, déféquer)- offrit un espace de liberté, de révélation et d’expression aux citoyens « différents ». Y rencontrer son semblable, ou pratiquer dans l’échange. La vespasienne, l’urinoir public : un espace hors-normes, où l’intimité des sens pouvait se révéler à l’abri. Une zone neutre au sein de la ville où, peu importe ce que vous étiez, vous y étiez pour faire.

L’exposition, sans tabous, évoquera l’excitation et la liberté. A ce titre, il conviendra peut-être de ménager les révélations en créant un espace destiné aux seuls majeurs (au sens juridique du terme). De façon ludique, c’est à notre sens la meilleure façon de parler du « politiquement correct » et de ses dégâts sur le libre arbitre collectif, nous nous interrogerons sur « où pisser aujourd’hui ? », comme indication de ce que sont devenues nos villes.

La disparition des pissoirs, des édicules et des lavatories, comme point initial d’une marchandisation de nos fonctions vitales ? S’il faut payer aujourd’hui pour pisser, il faut également payer pour se rencontrer. Un bar, un sauna, une boite, un réseau…

Plus grave ! Quid de cette mixité « identitaire » entre gay et hétéro ? De ce point de friction, où la pulsion de l’un rencontrait le désir de l’autre ? Tel est l’enjeu du projet ; une exposition, un livre et un film.

Première occurence BERLIN : "FENSTER ZUM KLO".