« LES TASSES » à Bruxelles a été présentée à laVallée, ancienne blanchisserie industrielle à Molenbeek St-Jean, transformée en centre d'art contemporain alternatif.

Dans le placard de la belle Histoire, les tasses font tache. La tasse, dans l’argot du siècle dernier, c’était la pissotière. Implantées dans l’espace public à l’heure de l’hygiénisme, les pissotières devaient répondre aux besoins naturels de la population masculine. En privé, les tasses ont répondu à un besoin social. Des hommes « aux mœurs contre-nature » y ont posé les premières pierres du vivre ensemble. Inaugurée en 2018 au Schwules Museum de Berlin, l’exposition de Marc Martin crée une passerelle entre les générations et invite l’art contemporain à dialoguer avec le passé : « Les pissotières ont toujours eu mauvaise réputation. Elles sont davantage synonyme de honte que de fierté au sein même de la communauté LGBTQI+. À ceux qui draguaient là, on a souvent reproché d’être lâches, qualifié de sordides leurs rencontres en ces lieux publics. Or, n’ont-ils pas, pendant plus d’un siècle, osé affronter des plaisirs défendus par la loi ? J’aimerais qu’on reconnaisse à ces hommes un certain courage. Je voudrais rendre à ces endroits leur part troublante de sensualité». Au politiquement correct, l’artiste Marc Martin privilégie l’humainement exact. Il prône une visibilité de la sexualité dans toute sa diversité. L’artiste rappelle également que dans certains pays, aujourd’hui encore, l’homosexualité est toujours interdite. Les pissotières, lieux de passage anonymes, y poursuivent leur rôle de repaire clandestin. Cette exposition, proposée par LaVallée-Smart en collaboration avec le Schwules Museum et la RainbowHouse Brussels (dans le cadre du PrideFestival Brussels), avec le soutien de  JCDecaux, a été présentée du 17 septembre au 3 octobre 2020.